Etats provisoires du poème

Etats provisoires du poème

Si l’on veut bien admettre que l’art, le théâtre, la poésie ne sont pas des affaires privées mais qu’ils sont par essence des biens publics, nécessairement à partager puisqu’ils sont dans la cité l’occasion d’une émancipation collective des consciences, quelles conséquences pour ceux qui en sont les protagonistes  ? Quelle sorte de contrat, implicite ou explicite, symbolique et financier, s’établit entre public, artistes et pouvoirs publics  ?

C’est à ces questions que, chacun à sa manière, directe ou allusive, répondent les contributeurs de ces XVes États provisoires du poème, dans une période où le retrait de l’État et des collectivités territoriales dans tous les domaines de la création fait craindre que se perde cet esprit public qui a fondé historiquement la politique culturelle de notre pays.

Paru le 1er janvier 2016

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.