Été

Auteur : Bernard Chambaz

<i>Été</i>

Bernard Chambaz n’avait pas publié de poèmes depuis la parution d’Échoir en 1999, s’étant alors lancé dans un projet qu’il qualifie lui-même de démesuré : l’écriture d’un recueil « au long cours » - ou plutôt d’un immense poème, composé de 1 001 fragments, à raison d’une centaine par an. Résultat de cinq années d’écriture insistante (et exaltée), Été réunit la première moitié de cet ouvrage, ses 500 premières « séquences », réparties en cinq chants. Disons-le sans détour : Été est LE grand livre de Bernard Chambaz, l’aboutissement (provisoire) de son projet poétique, entamé voilà bientôt trente ans. Rebrassant tous les thèmes qui lui sont chers - les voyages, la tribu familiale, la lumière et le drame, l’amitié des livres et des hommes mêlés - ces pages, qui font alterner fragments en vers, sonnets cachés, courts paragraphes de prose, se déroulent dans une clarté souveraine, « danse de l’intellect pam1Ï les mots ».
Né en 1949, Bernard Chambaz a signé de nombreux ouvrages, poésies, récits, chroniques, ainsi que plusieurs romans aux Éditions du Seuil. Il a publié en 2004 une histoire illustrée du quotidien L ’Humanité. Il est l’auteur de Entre-temps (1997) et Échoir (1999) dans la collection Poésie/Flammarion.

Paru le 1er février 2005

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.