Être vie, vent ; nous, rire les lents demain

Auteur : Émilie Gandois

Être vie, vent ; nous, rire les lents demain

Illustrations Syrano.

Être vie, vent ; nous, rire les lents demain est un recueil incisif et sensible, une somme raisonnée de poèmes à rimes, de vers à rythmes réguliers ou libres, de chansons, de dialogue ou textes poétiques en prose…, un florilège prélevé dans la production hétéroclite et prolifique d’une artiste aux multiples facettes et ordonné en cinq chapitres, aux titres-valises, qui figurent les cinq grands thèmes de prédilection de Émilie GANDOIS. La poétesse, autrice, comédienne et chanteuse, s’approprie le quotidien pour nous toucher là où ça fait du mal et du bien, entre la rage et la tendresse. Elle nous assène des vérités sur le monde, dépeint des possibles exploits issus de nos faiblesses, se penche sur les relations hommes-femmes, mères-enfants, sur l’amour, la solitude, la violence et l’espérance… Illustré par les créations de SYRANO, ami artiste, pluriel lui aussi, auteur-compositeur-interprète-réalisateur et graphiste, ce recueil manifeste la vision aiguë d’une génération et l’urgence de dire, de traduire et de partager.

Paru le 2 juillet 2018

Éditeur : Editions Prolégomènes

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage