Existence marginale mais ne trouble pas l’ordre public

Auteur : Yvon Le Men

Existence marginale mais ne trouble pas l'ordre public

"Vous êtes dans le poème ?" demande-t-on à l’auteur. "Oui, répond celui-ci au fil des histoires, mais je ne veux pas finir dans un roman." C’est pourtant ce qui va lui arriver… pour le pire ou le meilleur ? Dans ce recueil de nouvelles, on ne peut s’empêcher de sourire aux aventures du narrateur à la vie qui boîte, à la langue bien pendue, aux amours qui avancent cœur baissé dans le mur, aux rencontres inattendues et toujours heureuses, à la fin des fins. Le conteur passe du coq à l’âne, saute de flaques de lumière en taches d’encre, du sourire d’un enfant au regard bouleversant d’un vagabond. Même dans les situations les plus prosaïques, le poème surgit pour nous empêcher de tomber dans les failles de nos jours et de nos nuits. Yvon Le Men a prêté ses poèmes au héros du dernier livre de Björn Larsson, Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers (Éditions Grasset, 2012).

Paru le 17 octobre 2012

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.