Existence marginale mais ne trouble pas l’ordre public

Auteur : Yvon Le Men

Existence marginale mais ne trouble pas l'ordre public

"Vous êtes dans le poème ?" demande-t-on à l’auteur. "Oui, répond celui-ci au fil des histoires, mais je ne veux pas finir dans un roman." C’est pourtant ce qui va lui arriver… pour le pire ou le meilleur ? Dans ce recueil de nouvelles, on ne peut s’empêcher de sourire aux aventures du narrateur à la vie qui boîte, à la langue bien pendue, aux amours qui avancent cœur baissé dans le mur, aux rencontres inattendues et toujours heureuses, à la fin des fins. Le conteur passe du coq à l’âne, saute de flaques de lumière en taches d’encre, du sourire d’un enfant au regard bouleversant d’un vagabond. Même dans les situations les plus prosaïques, le poème surgit pour nous empêcher de tomber dans les failles de nos jours et de nos nuits. Yvon Le Men a prêté ses poèmes au héros du dernier livre de Björn Larsson, Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers (Éditions Grasset, 2012).

Paru le 17 octobre 2012

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.