Existence marginale mais ne trouble pas l’ordre public

Auteur : Yvon Le Men

Existence marginale mais ne trouble pas l'ordre public

"Vous êtes dans le poème ?" demande-t-on à l’auteur. "Oui, répond celui-ci au fil des histoires, mais je ne veux pas finir dans un roman." C’est pourtant ce qui va lui arriver… pour le pire ou le meilleur ? Dans ce recueil de nouvelles, on ne peut s’empêcher de sourire aux aventures du narrateur à la vie qui boîte, à la langue bien pendue, aux amours qui avancent cœur baissé dans le mur, aux rencontres inattendues et toujours heureuses, à la fin des fins. Le conteur passe du coq à l’âne, saute de flaques de lumière en taches d’encre, du sourire d’un enfant au regard bouleversant d’un vagabond. Même dans les situations les plus prosaïques, le poème surgit pour nous empêcher de tomber dans les failles de nos jours et de nos nuits. Yvon Le Men a prêté ses poèmes au héros du dernier livre de Björn Larsson, Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers (Éditions Grasset, 2012).

Paru le 17 octobre 2012

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes