Exit n°79

Exit n°79

Je ne crains plus de ralentir le pas
Je dépose mes forces en des lieux stratégiques
Marie-Hélène Montpetit

une parole en désordre
cachant dans son silence
l’horizon du dedans
Claude Beausoleil

à deux nous réinventerons cet arbuste négligé
que l’on nomme espoirier
José Acquelin

Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut.
Frédéric Mistral

Fidèle à nos habitudes, le numéro 79 réunit des auteurs de différentes générations, de différentes langues et de différents horizons.

Dans la section régulière du numéro, vous pourrez lire des textes de Jennyfer Gauthier, Carmen Villoro (traduction d’Ana Cristina Zúñiga), Myriam Moscona (traduction de Nelly Roffé), Stéphane Marcoux, Daniel Leblanc-Poirier et Tony Tremblay. À l’exception de Daniel Leblanc-Poirier, un habitué de nos pages, et de Tony Tremblay, l’un des fondateurs de la revue, ces poètes publient pour la première fois dans la revue Exit. Jennyfer Gauthier démarre superbement le numéro avec La marche oblique, une suite de poèmes épurés et précis, des textes qui ouvrent une brèche au milieu du vertige. Carmen Villero, poète de Guadalajara au Mexique, signe quant à elle des textes lumineux sur les éléments, le temps, les couleurs, alors que sa consœur de México, Myriam Moscona, avec Celui qui nage, suite dédiée à la mémoire de ses parents, offre, à l’instar de Jennyfer Gauthier, des textes imprégnés de vertige où la chute semble imminente. Stéphane Marcoux et Daniel Leblanc-Poirier nous ramènent quant à eux dans des univers plus concrets. Chez Marcoux, « la distance résonne » entre le narrateur et la ou les personnes à qui il écrit dans la suite Hommage à Solange, mais le langage est direct, généreux, et comble presque le fossé entre les protagonistes. Quant à Daniel Leblanc-Poirier, avec Le vent bisexuel de l’autoroute 20, il nous invite dans un monde où tout est prêt pour la déchirure, où le je se fait le perturbé perturbateur, « la bille dans la tourmente ». C’est dur, fascinant et touchant. On termine la section régulière du numéro avec Tony Tremblay et ses Images de monstres, où le narrateur se dévoile humblement et nous tend, comme un bouquet, ses éclats, parfois coupants, ses morceaux de cœur, de tempête, et demande pratiquement le chemin qui mène à des matins plus lumineux. On retrouve, avec plaisir et intérêt, sa toile, son lexique et ses chimères.

Paru le 1er mai 2015

Éditeur : Gaz Moutarde

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse

C’est toujours au moment
de faire la vaisselle qu’une idée
me vient pour t’écrire un poème.

Mathias Malzieu & Daria Nelson, Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse, Éditions de l’Iconoclaste, 2020.