Fédia et les petits jaseurs de la taïga

contes et poèmes des pays slaves

Fédia et les petits jaseurs de la taïga

Réjane Niogret, Christian Poslaniec et illustrations de Sandra Poirot Cherif

Le jaseur ou jaseur boréal est un bel oiseau migrateur de la taïga. De même que le mot « canari » dans le titre du premier ouvrage de la collection a un double sens, le jaseur est à la fois un oiseau et un bavard.
Fédia est un voyageur à cheval, accompagné de ses chiens, parcourant les pays slaves. À chaque étape, un oiseau lui dit un conte et des poèmes. Au fil des brèves introductions poétiques qui ouvrent les chapitres, on apprend à connaître Fédia, ses goûts, ses attachements. On découvre également qu’il est un collecteur de contes comme le furent en leur temps Pavel Chéïn (1826-1900) ou Erna Pomérantseva (1899-1980).

Les pays slaves : la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Ukraine, la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et la Bulgarie ont en commun une langue originelle. Tout comme l’Afrique du Canari m’a dit, ils ont une parenté évidente tout en présentant une grande diversité. Chacun de ces pays se trouve représenté par un ou plusieurs textes.

Cette anthologie, destinée à des enfants de 9 à 12 ans, à leurs parents et leurs enseignants, comprend quinze chapitres comportant chacun : une illustration intégrant le titre du chapitre ; un bref texte (fil conducteur) ; un conte traditionnel réécrit et trois ou quatre poèmes.

Les chapitres se présentent en harmonie autour de mots-titres choisis après la lecture de nombreux contes et poèmes : Cheval, Rêve, Malheur, Enfance, Couleurs, Amour, Poisson, Prince, Saisons, Abeille, Joie, Musique, Temps, Destin, Oiseau. Au fil des étapes, de contes en poèmes, l’âme slave se donne à découvrir.

Certains contes, comme « Vassilissia la très belle » et « La fille de neige » (Russie) ou « Le prince Dindon » (Pologne) sont très connus. Ils voisinent avec des perles rares : « La jalousie de la fée Ravijojla » (Croatie) ; « Pero et l’ondin » (Slovénie) ; « L’enfant de la banquise » (Sibérie) ; « Trois grains en cadeau » (Ukraine) ; « Comment le monde récompense » (Serbie/Croatie) découvertes au gré des recherches.

Les poèmes sont d’auteurs classiques et contemporains des treize pays slaves adaptés en français.

Paru le 19 avril 2018

Éditeur : Le Temps des cerises

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.