Femme broussaille, la très vivante

Auteur : Patricia Cottron-Daubigné

Femme broussaille, la très vivante

Femme broussaille, la très vivante est né de la rencontre des dessins de Mélissa Fries et du poème de Patricia Cottron- Daubigné. La poète nous dit que « ces œuvres offrent une voie pour défaire les gangues, les enfermements. »
Elle ajoute : « J’ai donc travaillé dans cette direction, qui est celle montrée par Mélissa, d’une belle insolence de la chair lumineuse, vivante de ces éclats, essayant de traduire aussi quelque chose peut-être de sacré. »
Le mélange et l’hybridation sont les ressorts des dessins/ collages de Mélissa Fries. Ils empruntent aux gravures du XVème siècle, à la peinture expressionniste et au surréalisme, au Rock’n’roll et à la culture populaire sans jamais se détacher de ce qui se passe concrètement dans le monde d’aujourd’hui.
Ce livre ainsi donne la double incandescence du poème : / Vierge folle plantée/au cul des monstres/je choisis le retard/et la table à l’écart/je mange avec les doigts/les mots viennent mieux/si je les palpe longtemps et du dessin dont la ligne brise, coupe et déracine pour reconstruire des formes nouvelles.

Je viens du temps des retables
du temps des gargouilles grimaçantes
des broussailles et des griffes goulues
qui caressent jusqu’au sang
je parle à la lune de
nos ventres gourmands
nous
mères et filles
génitrices d’oiseaux
aux grands yeux
d’autre nom sorcières
femmes.

Paru le 1er juin 2020

Éditeur : Lieux-Dits

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Le Chant du métèque

Vous ne saurez jamais ma soif mon angoisse
des visages douloureux, des nébuleuses obscures,
des sourires lumineux, des carrefours tordus,
du temps qui naît, du temps qui meurt,
des fenêtres closes, des tombes étales
sous le baiser humide du ciel.

Jean Malaquais, « Le Chant du métèque », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.