Fers de Véronique Gentil

Fers de Véronique Gentil

(postface de Lionel-Édouard Martin)

Véronique Gentil est née en 1959, dans le Rhône. Elle vit depuis trente ans dans la Vienne. Elle peint, elle écrit. Elle expose de temps à autre.
Elle a publié aux éditions Pierre Mainard, Les Heures creuses (récit), Dépendances de l’ombre (poème), Coupes claires (poème), et Tout fait terre, livre de peinture accompagné de textes de Jean Rodier. Un catalogue, À l’écart, a vu le jour en 2007 lors d’une exposition à Nérac.
En éprouvant la couleur, la matière, les mots, en maintenant serrées les correspondances entre écriture et peinture, elle tente de féconder l’écart, la distance qui sépare des choses, l’éloignement. Et de voir comme celui qui n’a rien prévu.

« Dans une vie d’homme et de lecteur, il est de ces moments de grâce où quelques mots sur une page font soudain basculer dans un autre moment de l’existence, induisant une rupture dans le continuum lent du temps qui passe et que, l’âge aidant, plus rien ne semble pouvoir étonner. Je n’ai le souvenir d’un pareil bouleversement que lors de la découverte, il y a de cela bien longtemps, de Claudel et de Guillevic : comme si d’un coup toute évidence s’affaissait, comme si le monde se transformait sous la puissance d’une parole révélée et qui nous fait mûrir plus vite que la succession des années. […] Il ne fait aucun doute à mes yeux que nous sommes face, avec l’œuvre actuelle de l’auteur de Fers et dans ses développements à venir, à l’une de ces grandes œuvres auxquelles se confronte – et se confrontera – notre destin. »

Paru le 1er septembre 2011

Éditeur : Le Vampire Actif

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.