Fragments poétiques de Callimaque de Cyrène

Callimaque de Cyrène fut, au IIIe siècle avant J.-C., l’un des poètes les plus influents de la cour ptolémaïque. Poète et philologue, érudit qui réalisa le premier catalogue de la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie, Callimaque exerça une grande attirance sur les poètes latins, qui le lisaient, l’expliquaient et parfois même le traduisirent.

Lire la poésie de Callimaque, c’est se placer au confluent des traditions littéraires grecques archaïques et classiques, mais aussi de la culture égyptienne, dans ce formidable creuset que fut l’Alexandrie lagide.

Callimaque, suivant les traces d’Hésiode sur le Mont Hélicon, rencontra les Muses et engagea avec les déesses un dialogue fait d’érudition et de poésie subtile qui s’est prolongé dans la culture européenne.

Depuis le début du XXe siècle les découvertes papyrologiques réalisées en Égypte ont permis de retrouver plusieurs centaines de fragments qui, combinés avec la tradition indirecte, permettent de découvrir une poésie inédite en France à ce jour.

Le lecteur dispose du texte grec et de sa traduction, principe de la collection Fragments, avec d’abondantes notes qui éclairent le texte.

Paru le 1er décembre 2006

Éditeur : Les Belles Lettres

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.