Gadjo-Migrandt

Gadjo-Migrandt

La tsigane

il n’y avait ni soleil ni lune
enchaînés qu’ils étaient l’un à l’autre
au dur du monde
des hommes forts et audacieux
partirent pour les sképimer
combattirent météores
strigoi et moroi
ils vaincirent

je porterai le soleil dit l’un
et lautre : moi la lune
mais Kham le soleil au retour
chauffait tant qu’il brunit
l’homme qui l’emportait
- de là viennent les Tsiganes -
…"

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lettres à Sophie Volland

10 juillet 1759,

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ?

Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

Denis Diderot, Lettres à Sophie Volland.