Gatti, poète avec les mots du journaliste

Auteur : Armand Gatti

Gatti, poète avec les mots du journaliste

Par Marc Kravetz :

“C’est d’abord une histoire d’orthographe et de grammaire, puis tu te prends au jeu et cela te conduit au maquis.” D’emblée, le ton est donné. Dramaturge, poète, mais surtout homme d’action, Armand Gatti a une conception pragmatique du langage. Loin des fioritures rhétoriques, Gatti use de la langue comme d’une arme. Son œuvre, dont on a pu dire qu’elle était le “poème du siècle”, est une interrogation constante - par tous les moyens (poésie, théâtre, écriture collective, cinéma, etc.) - sur les possibilités qui s’offrent à l’homme de devenir plus grand que l’homme. Gatti ne cherche pas à décrire le passé - il ne fait pas œuvre d’historien - mais à le changer - démarche poétique. D’où la présence bouleversante dans toute son œuvre de ceux qui sont morts et à qui il offre la possibilité, le temps de l’écriture et de la représentation, de vivre les multiples existences dont ils ont été porteurs.

Paru le 1er décembre 2003

Éditeur : Jean-Michel Place

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.