Génération Poésie debout

Génération Poésie debout

Novembre 2017 … Vingt poètes français de moins de quarante ans participent à la soirée « Dernier métro pour la poésie », en clôture de la Biennale des poètes en Val-de-Marne. Pour sa dernière édition, avant sa mise à mort par les politiques d’austérité et le renoncement des élus, ce festival international (fondé en 1990 par Henri Deluy et que dirigeait Francis Combes) avait décidé de donner la parole à la jeune génération de la poésie française.
L’anthologie présentée ici est issue de cette rencontre.
Elle prouve que la poésie française se porte bien et se renouvelle. Aussi diverses que soient leurs voix et leurs personnalités, ces jeunes poètes (hommes et femmes) ont en commun le refus d’un monde dominé par la précarité, la violence, le mépris. Poètes de la parole murmurée et proférée, ils unissent l’expérience la plus intime et la conscience sociale.
Leurs poèmes, qui savent le poids de la valeur des mots, ne se résument pas à un jeu gratuit avec les mots. S’ils font chanter la langue et parfois la font crier ou la tordent, e n’est pas pour le simple plaisir de la déconstruction. Ils pratiquent volontiers la performance mais pour eux la poésie n’est pas qu’un spectacle. Il y a chez eux de la révolte, de la passion, de l’humour, de l’amour aussi. Quelque chose comme un nouveau romantisme… Une génération poésie debout !

Paru le 20 juin 2019

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.