Gérard de Nerval

Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, naît le 22 mai 1808 à Paris, au 96, rue Saint-Martin.

Gérard est le fil d’Étienne Labrunie, médecin militaire, et de Marie-Antoinette, fille d’un marchand linger de la rue Coquillère. Quelques mois seulement après sa naissance, le jeune Gérard est confié à une nourrice de Loisy, près de Mortefontaine. Lorsque son père est nommé médecin militaire adjoint à la Grande Armée, puis promu médecin attaché au service de l’armée du Rhin, Gérard se voit partir vivre à Mortefontaine, dans la campagne du Valois, chez son grand-oncle. Ce n’est qu’au printemps 1814 que son père, de nouveau plongé dans la vie civile, part s’installer avec son fils à Paris.

À Paris, Gérard passe sa scolarité au collège Charlemagne, où il fait notamment la rencontre de Théophile Gautier. C’est au cours de l’année 1823-1824, alors qu’il n’est qu’en classe de première, qu’il compose son premier recueil de poèmes intitulé Poésie et Poèmes par Gérard L. En juillet 1826, après avoir déjà écrit plusieurs textes, il se lance, suite au scandale de l’Académie française qui a préféré Charles Brifaut à Alphonse de Lamartine, dans la satire et rédige alors une Complainte sur l’immortalité de Monsieur Briffaut (orthographe de l’auteur) puis une pièce intitulée L’Académie ou les membres introuvables fustigeant l’Académie. Ces écrits lui valent d’être recalé au concours de l’Académie en 1828.

Le 1er mai 1829, après avoir publié une traduction de Faust, Gérard est appelé par Victor Hugo pour défendre sa pièce Hernani. En jeune mais fervent adepte du romantisme, Gérard accepte volontiers.

L’année 1830 est marquée quant à elle par une double révolution, tout d’abord politique avec les Trois Glorieuses à laquelle Gérard ne participe pas, puis littéraire et plus largement romantique dans laquelle il occupe une place considérable. Si la politique ne l’intéresse pas réellement, il écrit tout de même quelques textes et poésies, comme par exemple Le peuple, son nom, sa gloire, sa force, sa voix, sa vertu, son repos publié en août 1830, ou encore le pamphlet Nos adieux à la Chambre des Députés de la même année.

Au début des années 1830, les projets de Gérard sont en effet tout autre. Il souhaite composer une anthologie de la poésie allemande, ainsi qu’une anthologie de la poésie française. Pour cela, il peut compter sur l’aide d’Alexandre Dumas et de Pierre-Sébastien Laurentie qui lui font obtenir une carte d’emprunt à la bibliothèque.

Ces deux ouvrages,https://www.printempsdespoetes.com/Alphonse-de-Lamartine et Choix de poésie de Ronsard, Joachim Du Bellay, Jean-Antoine de Baïf, Guillaume de Saluste Du Bartas, Jean-Baptiste ChassignetI, ne rencontrent toutefois pas le succès escompté.

Alors que le Cénacle de Sainte-Beuve composé d’Alfred de Vigny, Alfred de Musset, Charles Nodier, Alexandre Dumas et Honoré de Balzac, entre autres, bat de l’aile, et qu’un Petit Cénacle animé par le sculpteur Jean Bernard Duseigneur voit le jour, Gérard souhaite de plus en plus écrire à la manière d’Hugo. Il écrit et fait jouer deux de ses pièces au théâtre de l’Odéon, Le Prince des sots et Lara ou l’expiation, c’est le succès. C’est à ce moment que Gérard ajoute un nom à son pseudonyme, « Nerval », en souvenir d’un lieu-dit nommé le clos de Nerval, situé près de Loisy.

Aux côtés de Théophile Gautier, Auguste Maquet et des autres membres du Petit-Cénacle, Gérard est bien souvent arrêté, pour tapage ou suspicion de conspiration.

En 1833, alors que Nestor Roquelan lui propose de collaborer pour son journal La Charte de 1830, un autre ami, Édouard Gorges, lui propose quant à lui de co-écrire un roman feuilleton dont l’action se déroulerait dans la Bretagne des chouans. Tout d’abord hésitant, Gérard finit par se laisser convaincre et part donc dans la région de Vitré pour y revenir quelque temps après avec un récit intitulé L’Auberge de Vitré, qu’il exploitera plus tard dans le prologue de son roman Le Marquis de Fayolle.

En janvier 1834, Gérard hérite après la mort de son grand-père maternel, d’environ 30 000 francs. Cet argent lui permet d’une part de partir dans le Midi de la France, mais également de visiter Florence, Rome, puis Naples. L’année suivante, retourné auprès des romantiques, impasse du Doyenné cette fois-ci, il fonde le Monde dramatique, revue de haute gamme qui consume le reste de son héritage, et l’endette même. Gérard doit ainsi revendre la revue dès 1836. C’est à la même période qu’il débute, aux côtés de Théophile Gautier, dans le journalisme. En décembre 1836, il signe pour la première fois « Gérard de Nerval » dans Le Figaro.

Le 23 février 1841, Gérard fait une première crise jugée de folie, et est soigné chez Madame Marie de Sainte-Colombe, qui tient la maison de correction de Sainte-Colombes, au 4-6, rue de Picpus. Le 21 mars, après une seconde crise, il est interné dans la clinique du docteur Blanche, à Montmartre, de mars à novembre.

C’est en décembre 1842 que Gérard quitte finalement Paris pour rejoindre Syros dans les Cyclades. Il part ensuite à Alexandrie, puis au Caire, avant de partir visiter la Syrie. En juillet 1843, il rejoint Constantinople, passant par Chypre, Rhodes et Smyrne. Le 28 octobre 1843, il rembarque, pour Naples via Malte. Il est de retour à Marseille le 5 décembre. Il publie ses premiers articles relatifs à son voyage l’année suivante.

En 1851, il publie Voyage en Orient. Dans une lettre du 22 octobre 1853 adressée au docteur Blanche, il affirme avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles, notamment alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. »

Entre 1844 et 1847, Gérard voyage à travers la Belgique, les Pays-Bas, l’Angleterre. Tout en rédigeant bon nombre de reportages et d’impressions de voyages, il travaille comme nouvelliste et auteur de livrets d’opéra ainsi que comme traducteur des poèmes de son ami Heinrich Heine.

Ses dernières années, Gérard les vit dans une détresse autant morale que matérielle. Malgré cela, c’est bien à cette période qu’il écrira ses principaux chefs-d’œuvre, Les Filles du feu, Aurélia ou le Rêve et la Vie.

Gérard est finalement retrouvé pendu le 26 janvier 1855. Si l’hypothèse du suicide a été retenue par Théophile Gautier et Félix Nadar notamment, d’autres, comme Arsène Houssaye, émirent l’hypothèse du meurtre.

Bibliographie

Œuvres complètes

  • Œuvres complètes, tome III,, Éditions Gallimard, Collection La Pléiade, 1993.
  • Œuvres complètes, tome II, Éditions Gallimard, Collection La Pléiade, 1989.
  • Œuvres complètes, tome I, Éditions Gallimard, Collection La Pléiade, 1984.

Poésie

  • Lénore et autres poésies allemandes, Éditions Gallimard, 2005.
  • Les Chimères - La Bohême galante - Petits châteaux de Bohême, Éditions Gallimard, 2005.
  • Poésies et souvenirs, Éditions Gallimard, 1974.
  • Poésies : Petits châteaux de Bohême - Les nuits d’octobre, Le Livre de Poche, 1964.

Romans et Récits

  • Voyage en Orient, Éditions Gallimard, 1998.

Nouvelles

  • Le mythe d’Hiram et l’initiation de Maître Maçon - L’histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies, Éditions Maison de vie, 2001.
  • Le harem suivi d’Histoire du calife Hakem, Éditions Gallimard, 2015.
  • Sylvie, Éditions Gallimard, 2013.
  • Pandora et autres nouvelles, Éditions Gallimard, 2008.
  • La main enchantée, Le Livre de Poche, 2001.
  • Aurélia, précédé des Illuminés et de Pandora, Le Livre de Poche, 1999.
  • Aurélia, Le Livre de Poche, 1999.
  • Sylvie, Le Livre de Poche, 1999.
  • Les filles de feu, les Chimères et autres textes, Le Livre de Poche, 1999.
  • Les Illuminés, Éditions Gallimard, 1976.