Gloses à la Sorcière

Auteur : André Frénaud

Gloses à la Sorcière

« Après la publication de La Sorcière de Rome (1973), André Frénaud avait entrepris un travail de réflexion et d’interprétation sur ce poème, le plus long et le plus complexe qu’il ait écrit. Il projetait de le publier sous le titre Gloses à la Sorcière. « Ce sera, dit une note retrouvée dans ses papiers, ma grande œuvre en prose ». La maladie, la fatigue, et finalement la mort ne lui ont pas permis de mener ce travail jusqu’à son terme. On peut se demander, d’ailleurs - et il se demandait lui-même -, si une analyse de ce type n’était pas, par nature, « interminable ».
Pour en avoir souvent parlé avec lui, pour l’avoir aidé parfois dans la révision de ses textes, j’ai considéré comme un devoir de réunir en un volume les gloses déjà publiées, les gloses achevées mais restées inédites, et celles qui n’existent qu’à l’état de brouillons ou de notes fragmentaires. Ce n’est évidemment pas le livre qu’André souhaitait publier. Du moins donnera-t-il une idée aussi approchée que possible de l’entreprise à laquelle il s’était attaché et qui n’a, à ma connaissance, aucun équivalent dans la littérature contemporaine. »

Bernard Pingaud.

Paru le 24 avril 1995

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.