Grésil noir de Serge Torri

Grésil noir de Serge Torri

« L’encre de Grésil noir qui a pointillé la blancheur de chaque page comme une rosée noire imprègne l’épaisseur du langage de la pureté de la poésie pour rejoindre les mots de Paul Claudel : "Ô mon âme ! le poème n’est point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier !" » Serge Torri

« blanc sur blanc
étant le verbe

grésil noir
le répit de son silence »

Paru le 1er novembre 2011

Éditeur : Eclats d’encre

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.