Haikus

Michel Cosem

Entre les ailes il y a l’oiseau
Entre les roseaux il y a l’hiver
Entre tes bras il y a mon cœur

Sur la branche
Comme l’énigme
Ma main recherche la vérité

Le vent et le nuage
Pour toujours
Se partagent le monde

Le chant
L’envol
Le printemps de l’oiseau

A la pointe des fleurs
L’odeur
Comme un chant

L’envol de l’alouette
Vertical
Sur la colline en pente

Un peu d’encre bleue
Encore
Pour colorer le temps

Dans le nid de terre
A l’angle de la pierre humaine
Deux hirondelles sont nées

Le moulin et le peuplier
rêvent ensemble
et parlent de l’eau qui passe

Les graines se cherchent et s’éparpillent
Rêves et paroles mesurées
Comme la pierre du seuil un peu secrète

La forêt
Avec la nuit comme ramure
Et la chouette comme gorge

La forêt
Comme une harpe avec un collier de dents de loups
Frotte sa toison noire à la foudre

La brume coupe le temps
Un oiseau est posé sur un piquet
Le matin est taillé comme un couteau

Un vieux pin se met en boule et cherche son nid
Et les maisons telles des bateaux
Flottent au sortir de la tempête.

Poème
de l’instant

Amphitryon

L’attente d’un retour ardemment désiré,
Donne à tous les instants une longueur extrême ;
Et l’absence de ce qu’on aime,
Quelque peu qu’elle dure, a toujours trop duré.

Molière, Amphitryon, Acte II, scène 2.