Henry des Abbayes

Petit éloge de la lumière nature

1er février 2017

Petit éloge de la lumière nature

Eloge de l’automne
Mes pieds froissent l’or
Je suis le roi du monde
Je ne m’en vante pas
Mon capital de feuilles mortes
Est la matière vivante
Qui chante et danse
Sans gravité et non pas sans gloire
Je me dandine tel le rehaut
De la divine couleur
Illustrations de Serge Bouvier

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.