Henry des Abbayes

Petit éloge de la lumière nature

1er février 2017

Petit éloge de la lumière nature

Eloge de l’automne
Mes pieds froissent l’or
Je suis le roi du monde
Je ne m’en vante pas
Mon capital de feuilles mortes
Est la matière vivante
Qui chante et danse
Sans gravité et non pas sans gloire
Je me dandine tel le rehaut
De la divine couleur
Illustrations de Serge Bouvier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.