Hymne à la tendresse

Joseph Rouffanche

Je ne t’ai pas trouvée où jouent les enfants d’un haut
 moyen âge,
Dans des ruelles de vitraux et de perles,
Dans des courtils de coquillages ;

Mais dans l’oubli des poignants cortèges nuptiaux,
Après les murs d’embûche et de tombe
Et les plaies corporelles
Et les souterrains dédales,
Je m’alliai à toi, tendresse blonde au cœur d’iris.

O svelte, o blonde, o émouvante,
Nostalgie rencontrée aux flots des résurgences,
Source délassant ma colline
Dans un tableau de Léonard.

Tu remontais les couples, abreuvée de fraîcheur,
Et ta figure chaste et ta silhouette longue
Faisaient songer à l’architecte au corps suave de l’amour.

Dans toute nuit profonde, quand je vais à tâtons,
Ton ciel met à l’épreuve mes transparences.
Tu es filleule du soleil,
Médium enchanté des eaux ;
Pour toi le temps n’a d’existence.

A toi je ferai don de la fleur de jacinthe,
Sur toi je poserai le feuillage taché du clair automne,
Pour embaumer le repos de l’amour,
Pour bloquer le reflux qui enlève à l’amour.

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : question qui nous échoit, question que rien n’épuise.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.