"Ici-haut" suivi de "Le corps inhabitable"

Auteur : Jean-Pierre Vallotton

"Ici-haut" suivi de "Le corps inhabitable"

Dans Ici-haut Jean-Pierre Vallotton nous propose de somptueux poèmes en prose où la vie palpite : douleur prégnante conjuguée à toute les fêlures entre saccages et métamorphoses, le poème exorcise, sauve. Puis, une féerie de poèmes rimés aux rythmes haletants et amples, propices aux frémissements lyriques entre Eux et "le baiser perdu qui retrouve le livre".
Rio di Maria.

Extrait :
"La poésie ?
C’est elle qui scelle nos pas et signe le désastre. Rampe sous les braises pour raviver le feu. C’est ce trousseau de clefs qui nargue le destin sans jamais entrouvrir le moindre portillon. A l’envers du miroir, elle guette nos silences, change en ombre la proie. Son souffle musical enchante nos vieilles blessures aux créneaux de la nuit. Qu’on tente de la nommer, lui passer un anneau : aussitôt se dissipe, joie et peine capitales, dans les vapeurs sulfureuses d’un dernier verrre de rhum."

Paru le 1er septembre 2006

Éditeur : L’arbre à paroles Maison de la Poésie d’Amay

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.