Il a neigé tant de silence

Auteur : Gilles Baudry

Il a neigé tant de silence

Suivi de Invisible ordinaire

Sans autre signe, sans nul autre prologue
que la nuit, sertir l’espoir
du monde dans l’amande du poème.
Mais en cet enclos si précaire,
qui saurait lire en filigrane l’éternel ?
Quelle lumière filtre et graine
dans l’inflexion d’une voix si ténue ?
Langes ou linceul, naissance ou deuil,
commet traduire ce que les mots recèlent ?
Il a neigé tant de silence
sur la page, que ce qui fut jadis écrit
porte le sceau des sans-visage.

Paru le 4 janvier 2021

Éditeur : Rougerie

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.