Il se fera silence, il se fera soir de Virgil Mazilescu

Il se fera silence, il se fera soir de Virgil Mazilescu

présentation et traduction Pierre Drogi

Poésie
collection La Polygraphe

Virgil Mazilescu naît à Corabia, le 11 avril 1942. Etudes de Lettres à l’Université de Bucarest. 1966, débuts littéraires, en revue. 1968, premier recueil, sobrement intitulé Vers. 1970, Fragments de la région de jadis. 1979, Il se fera silence, il se fera soir. 1983, Guillaume le poète et l’administrateur.
Il meurt dans la nuit du 10 au 11 août 1984.
Vie détonante et heurtée : l’alcool y joua sa part comme une défense contre le monde et contre soi.
Quant au petit volume des Poésies : il marque dans la littérature roumaine une étape importante, celle d’une émancipation totale de l’écriture à l’égard de l’idéologie et même à l’égard des codes poétiques encore en vigueur à l’époque en Roumanie. Œuvre de rupture annonçant ce qu’on appellera plus tard le post-modernisme mais qui n’a pas ici le caractère artificiel ni théorique que ce courant prendra par la suite.

La biographie, dans le cas de Virgil Mazilescu, " fait légende ". Elle auréole de nos jours le poète d’une réputation de " poète maudit ". C’est à l&Mac226;œuvre, d’une incroyable liberté, que ce volume tente de rendre justice. L&Mac226;œuvre : ce qui reste justement quand on jette par dessus bord tout le ronflant superflu, quand on veille sa vie comme un désespoir - à rendre ivre ou fou - et que le peu d’écrit se dépose à la façon d’une respiration sur le petit miroir de poche du futur mort.

Pénurie et tendresse sont à l’origine (père et mère) de cet amour difficile de la vie, de ce peu d’écriture décalée au lieu où elle se vaporise.
Pierre Drogi (traducteur)

Paru le 1er novembre 2005

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.