Inspiration de Marin Poète

Auteur : Jean-Claude Le Barde

Inspiration de Marin Poète

Premier recueil illustré d’une collection intitulée Marin Poète, « Inspiration » de Jean-Claude Le Barde, préfacé par le poète Michel Cahour, pose les amers qui ont guidé le cœur d’un capitaine au long cours. Ces objets remarquables ce sont de hauts lieux mais aussi la force des marins, « Jean-Claude Le Barde dresse toute une galerie de portraits de ces « travailleurs de la mer » nous dit le préfacier, ce sont également leurs embarcations, les oiseaux qui les survolent, la faune et la flore sur les côtes découvertes, et le soleil qui magnifie « la mer, la mer toujours recommencée ». L’environnement observé tout autour de la terre et la vision de tant de splendeurs, ne suffisent pas à résumer l’inspiration du poète… le marin connaît les revers de la Beauté et les cinquantièmes rugissants, alors ses vers reflètent le miroitement de l’eau sereine mais aussi les fureurs de la tempête !
La poésie de Jean-Claude Le Barde est visuelle, ses poèmes aux formes variées associées aux illustrations colorées (photographies de l’auteur) répondent par intervalles à l’attention du voyageur embarqué. Elle est aussi rythmée, ses vers modulent le nombre de syllabes en fonction du chant, de la complainte, de l’histoire ou de l’éloge et passent par des vers rimés pairs ou impairs, du haïku à l’alexandrin. Le marin voulait partager sa vision, le poète nous confie son inspiration et ce recueil nous invite à naviguer au long cours : à suivre « Vénération » tome 2 et « Navigation » tome 3. En effet, au gré d’une poésie entraînante, spécialisée, dépaysante et parfois grave, la collection « Marin Poète » souhaite rendre hommage à ce très vaste univers iodé, naturel, humain, technique ou légendaire… que l’auteur connaît si bien.

Paru le 30 mars 2019

Éditeur : Éditions Prolégomènes

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.