Interventions à Haute Voix n° 46

Interventions à Haute Voix n° 46

La Quête / Soucres / origines

A notre époque si troublée et si individualiste, n’est-ce pas le grand oubli, cause de tant de misère psychologique et de superficialité, la méconnaissance, voire le refus de ses origines ?
Sont-ils nombreux ceux qui savent se poser les vraies questions ?
D’où je viens ? Vers où je vais ? Pour quoi faire, quoi devenir ?
Sont-ils nombreux ceux qui acceptent de remonter à la source d’eux-mêmes ? une quête de soi : chercher qui l’on est pour mieux s’ouvrir au monde ?

Ce thème majeur de nos sources et origines nous fait nous interroger sur le sens même de notre passage sur terre : pourquoi ai-je reçu la vie ? Quoi en faire ? Qu’apporter à l’humanité ?
La quête des origines est donc d’abord celle d’un individu : rechercher, connaître ses racines.
C’est aussi la quête d’un sens à donner au futur, son apport à l’humanité.

Et puisque, en terre poésie, nous avons le privilège de pouvoir l’exprimer par des mots, écrire, toujours écrire, mais avec exigence et donc un grand respect des mots.
Ainsi pouvons-nous devenir pour le lecteur un maillon entre la source et la grande chaîne humaine.

Écrire pour se recréer, se réinventer, donner un vrai sens à sa vie en rejoignant celles des autres.

Danielle Allain-Guesdon

Paru le 4 mai 2010

Éditeur : Interventions à haute voix

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.