Istanbul Kilim de sept collines

Auteur : Michel Ménaché

Istanbul Kilim de sept collines

ISTANBUL
KILIM DES SEPT COLLINES
Textes de Michel Ménaché
Photographies de Josette Vial
« Je n’ai pas connu mon grand-père Marcos.
Marcos et Rébecca m’ont vu naître. J’ai été privé du son de leurs voix.
Exil multiplié jusqu’au piège terrifiant de la mort nazie… »
70 ans après la catastrophe qui emporta ses grands-parents, l’écrivain Michel Ménaché imagine les lettres que son grand-père aurait pu lui adresser. Des lettres contant le destin de cette famille juive stambouliote, qui a quitté le Bosphore pour l’Argentine avant de trouver refuge en France, en Espagne, puis pour son malheur, à Lyon. « Des lettres d’outre cendres qui rêvent la voix de Marcos, restituent des lambeaux de vie tramés dans le kilim des visages vivants d’Istanbul ». Afin de mener à bien cet émouvant travail de mémoire, l’auteur s’est associé à la photographe Josette Vial, dont les images contemporaines d’Istanbul, en noir et blanc, accompagnent ses poèmes. À plus d’un siècle d’écart, le livre, tel un « patchwork amoureux d’Istanbul », fait ainsi se côtoyer les fantômes de Constantinople et la foule cosmopolite de la mégalopole actuelle. Comme l’écrit l’auteur, « les images renouent ainsi dans ces pages le lien interrompu par l’absence. Les mots déshabillés en poèmes – de l’autre côté du miroir – font écho à la générosité du regard à nu de la photographe ». Un portrait résolument humain d’Istanbul, fait des gestes du quotidien, pris sur le vif, entremêlés au destin tragique d’une famille, d’une communauté, pour conjurer l’inadmissible.
« À chacun de se risquer, se repérer à la croisée féconde des destins et des pas perdus. »

Paru le 1er mai 2014

Éditeur : La Passe du Vent

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.