J’abrite un secret

de Nawel Ben Kraïem

J'abrite un secret

N comme Non. B comme Bonheur. K comme Kif et Kif-kif, à bonne distance des Keufs et du triple K. Il ne faut que trois poèmes à Nawel Ben Kraïem pour dire qui elle est et ce qu’elle ne sera jamais, ce qu’elle aime et ce qu’elle refuse. Trois poèmes, puis tout un recueil à la sincérité confondante pour donner à lire l’itinéraire intime d’une jeune femme à la voix tendre et puissante. Rébellion adolescente et fragilités – « j’ai perdu mes carnets, j’ai perdu mon cadenas, j’ai peur pour mes secrets », dit-elle – cèdent la place à la femme libre qui prend la mesure de ses identités plurielles et des fractures du monde dans lequel nous vivons. Les lettres dansent sur la page. Les mots claquent dans le vent qui les emporte. Et ce premier recueil pulse et swingue, dopé à la vitamine P : celle de la poésie et du hip-hop qui ancrent le rêve dans la vraie vie.

J’ai perdu mes carnets
J’ai perdu mon cadenas
J’ai peur pour mes secrets
Je ne me sens plus chez moi
J’ai la tête entrouverte
Le souffle raturé
Je suis seule près des mots
Et du jardin d’été
Pourtant il y fait froid
Pourtant il y fait gris
Pourtant il y fait nuit
En plein après-midi

Paru le 6 mai 2021

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lionel Ray

Les framboisiers

Il se pourrait aussi que le printemps
n’en finisse pas de nous promettre un air
d’avant l’oubli ces fleurs heureuses
ces nuages qui nous ressemblent

Lionel Ray, « Les framboisiers », apulée, Éditions Zulma, 2021.