J’ai senti ton absence exacte au rendez-vous

À l’initiative d’Ernest Pignon-Ernest, qui encadre avec ses superbes croquis et dessins les textes de cet ouvrage qui figure dans la Sélection le Printemps des Poètes, les éditions L’Amourier suivent poétiquement la trajectoire et les pas de Marie-Claude Grail. Il entoure celle qui écrivait pour le théâtre et dont les poèmes furent publiés dans Les Temps Modernes, la revue de Sartre et de Beauvoir dont elle fut proche. Cinquante ans plus tard, Ernest Pignon-Ernest a retrouvé et réveillé un petit trésor constitué de lettres et poèmes, "tous disent la liberté et la difficulté d’aimer quand c’est l’amour que l’on aime…".

L’hommage est collectif : son ami Daniel Biga offre un poème d’introduction, de même qu’Alain Freixe a composé une préface et une postface intitulée « Seize coups d’aile pour Marie-Claude Grail aux prises avec l’absolu ».

Ecoutons, en guise de prélude, Marie-Claude Grail à propos d’un gosse à l’orchidée :

Un certain gosse aux yeux de toi
Traînant son ombre par la rue
Un soir de lune très froid
Sans qu’on le sache a disparu.
(…)
Son rire avait un bruit de foire
Oh… le fracas de ses pieds nus…
Un fleuve longe les trottoirs
Il ne l’a peut-être pas vu ?

Un certain gosse encor se noie
Chaque soir éperdu de lune
Il glisse une ombre sur les toits
Comme orchidée à sa main brune…

Paru le 6 octobre 2021

Éditeur : L’Amourier

Genre de la parution : Recueil / Beau livre

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Guennadi Aïgui

« Un peu »

bonheur ? – « Un peu »
béatitude – « Un peu » :

ô murmure : comme vent – du soleil :

de pain – un peu… et de lumière du jour… –

et du petit bruit des hommes
comme d’une nourriture – pour la Mort prête… –

que nous la rencontrions paisiblement
comme si nous étions tous toujours sur tout seuil –

en fraternelle souffrance… –

ô notre liberté !… – lueur d’âme :

simple :

« Un peu »
1975

Aïgui, « Un peu », Festivités d’hiver, traduit du russe par Léon Robel, Les Éditeurs français réunis, 1978.