Je, au-delà de Kristin Prevallet

Je, au-delà de Kristin Prevallet

Ne tombez jamais amoureux d’un texte s’il veut vous convaincre que
vous êtes déjà mort.
Ou s’il dit que vous êtes un vampire.
Ou s’il vous fait vous sentir distant, isolé, retiré de la scène.
Parce que le crime a déjà été commis.
Vous n’avez pas besoin de lire les détails sanglants pour savoir que ce
fut violent.
Nous y étions tous les deux, depuis le début.
La seule différence est que je vois des feuilles d’automne et aussitôt
j’entends le coup de feu.
Vous voulez juste voir le corps et vous émerveiller de la façon dont il
tomba en avant et puis fut laissé là.

traduit de l’américain par Sandra Moussempès et Françoise Valéry

Paru le 1er janvier 2008

Éditeur : Cuisines de l’Immédiat/ Editions de l’attente

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.