Je femme

Albane Gellé

inquiète et encombrée de trop
scrupules qui compliquent
(les yeux devant pourtant - sur le chemin du simple) inquiète et encombrée de trop
scrupules qui compliquent
(les yeux devant pourtant - sur le chemin du simple)

mais piaffant et les larmes
trop près souvent du bord

(souriante en larmes)

il faudrait pouvoir rire - disent mes anges leurs voix claires
rire léger et en avant

avec de l’air je
femme
donne coup de pied
à mes reproches de victime
enfant d’hier grave et silence

(mouvement d’une douceur décidée)

à voix haute je dis
l’intensité – en gratitude ou en colère et
en joie

travers le corps douleurs plaies leurs plaintes
et solitude
et vies vivantes dans le ventre puis dehors
avec moi
remuent grandissent

mais piaffant et les larmes
trop près souvent du bord

(souriante en larmes)

il faudrait pouvoir rire - disent mes anges leurs voix claires
rire léger et en avant

avec de l’air je
femme
donne coup de pied
à mes reproches de victime
enfant d’hier grave et silence

(mouvement d’une douceur décidée)

à voix haute je dis
l’intensité – en gratitude ou en colère et
en joie

travers le corps douleurs plaies leurs plaintes
et solitude
et vies vivantes dans le ventre puis dehors
avec moi
remuent grandissent

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage