Je ne peux le croire

Je ne peux le croire

Anthologie établie par Dominique Chipot et préface d’Ysabelle Lacamp.

En mars 2011, un séisme frappe le Japon, entraînant l’accident nucléaire de Fukushima. Pour le monde entier, l’histoire paraît alors se répéter. Chacun songe aux deux bombes atomiques qui ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945, catastrophe sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nous savons quelle déflagration cela a provoqué dans la littérature occidentale. Mais que sait-on des poètes japonais qui écrivirent ces tragédies en lettres de cendre ? Près de 120 poètes répondent à cette interrogation, parmi lesquels Matsuo Atsuyuki, un des rescapés de Nagasaki, dont les haïkus ont bouleversé le Japon, ou Oyama Takami, figure majeure du tanka, qui s’éleva toute sa vie contre l’armement nucléaire. Poètes d’un jour ou écrivains confirmés, victimes ou simples témoins des désastres qui ont endeuillé leur pays, ces poètes japonais se frayent chemin parmi les décombres. Avec l’espoir « que le genre humain ne s’anéantisse pas par lui-même ».

Paru le 22 novembre 2018

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Henri Michaux

« Posture privilégiée »

Magie naturelle d’une simple pose,
Mis au calme
l’esprit en quiétude laisse ailleurs les parleurs
les menteurs inscrits,
laisse s’étaler les naïfs transporteurs
des quotidiennes maximes sommaires de l’époque.
Ne sont plus entendues, les disputes

Hors de l’action
bras retirés de la circulation
aussi bien de l’attaque que de l’aide
retirés de la préparation à agir…

Henri Michaux, « Posture privilégiée », Revue Nulle Part, 1984.