Je suis debout

Auteur : Lucien Suel

<i>Je suis debout</i>

"Je capte les pensées fugitives, la prose bop spontanée, le cut-up des langues, sans hiérarchie, ni sélection. Rien que la vie brute. Tapisserie de rouleaux collés au fil du temps sur les murs des alcôves dans le monde du fleuve, couches successives
d’ondes vibratoires. Je soulève un coin de la tapisserie pour révéler l’évidence :
le monde est poème est monde, le poème est monde est poème.
Vers justifiés, sonnets, alexandrins, haïkus, prose poétique, Lucien Suel se joue, dans cette anthologie de toutes les formes possibles. Comme le monde, son monde, se fond dans ses poèmes, il est question ici des paysages du nord hérissés de terrils, de la femme aimée, de bocks de bière, d’accessoires du quotidien, de fruits et légumes, de rock, de beat generation. L’auteur est à la fois enraciné par le travail de la terre, le
souci des ancêtres et des morts, et en même temps attentif à toutes les cultures et à la pensée de l’universel. Il compose une poésie d’aujourd’hui (certains poèmes ont été composés sur le net, une forme de twittérature) qui s’appuie sur le passé sans céder à la nostalgie. C’est une poésie qui associe tradition et modernité, merveillement et résistance, contraintes formelles et liberté de ton, sans oublier une
sérieuse dose d’humour."

Collection Vermillon.

Paru le 1er février 2014

Éditeur : La table ronde

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.