Je suis né assassiné

Auteur : Jack Hirschman

Je suis né assassiné

Ce recueil a paru en 2004 à San Francisco, sous le titre I was born murdered. Il précédait de plus de 2 ans l’attribution du titre de Poet Laureate à Jack Hirschman, depuis 40 ans figure de proue de la poésie contestataire américaine issue de Californie.
Sous sa forme ramassée, une telle suite (19 poèmes instantanés, dont 18 rapides, draguant profond), révèle mieux qu’un gros volume les obsessions essentielles de l’auteur. Fondatrices, provocantes, inadmissibles pour l’échiquier politique actuel (où les champions d’échecs sont rares), gratte monde intransigeantes.
…Que faire de sa vie ? Comment exister malgré la mort ? Malgré le drame de la drogue ? Comment ressusciter après les tragiques boucheries du siècle ? Après l’épreuve rejetée du « socialisme existant » ? Que conserver du communisme décapité ? Que valent les révolutions ? Où trouver les ressources d’espoir nécessaires ? (Réponse possible : luttes sociales, mues par la compassion, l’amour des plus pauvres, des parias, des orties de ce monde, des plus menacés, dans l’humanité présente et à venir. A sauver.)
Et pour cela en particulier, amour des mots, des formes, de la musique, de la poésie, de la créativité. De la liberté. A sauver, avec l’humanité. Et amour du présent.
En couverture, dessin d’Agneta Falk.
Co-édition avec la maison de la poésie Rhône-Alpes

Paru le 1er novembre 2008

Éditeur : Le Temps des cerises

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.