Je suis un Grec ancien

Auteur : Bernard Deforge

Je suis un Grec ancien

Baignant depuis sa prime jeunesse dans la littérature grecque ancienne, archaïque et classique, Bernard Deforge s’est toujours amusé à dire qu’il était un Grec ancien dans le monde d’aujourd’hui. Mais voici qu’il s’est tout récemment demandé ce qu’il entendait par là. Était-ce une simple formule, une boutade, un clin d’oeil ? Était-ce une vérité ?
L’objet de ce livre est de répondre à cette question.

Pour y parvenir, il a revisité quelques grands textes qui vivent en lui, et singulièrement les œuvres d’Homère, d’Hésiode, des Tragiques, de Pindare, de Platon, mais aussi d’Aristophane. Ce faisant il les a confrontés aux grandes questions d’aujourd’hui qui, comme ses contemporains, le taraudent. Le lecteur aura dans ces pages non seulement le plaisir de retrouver la beauté de ces grands textes, mais il constatera aussi la permanente pertinence des questionnements des vieux Grecs.
Quant aux réponses qui leur sont données à travers le regard foncièrement iconoclaste et politiquement incorrect de l’auteur, il jugera par lui-même et réagira in petto.

Pensera-t-il que Bernard Deforge est effectivement un ancien Grec ? un égaré dans le monde d’aujourd’hui, passant à côté du modernisme ? ou au contraire, muni du bâton des inspirés et d’un jeu de clefs antiques, un pélerin de son temps ?

Paru le 13 juin 2016

Éditeur : Les Belles Lettres

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Autoportrait d’un autre

IL S’ÉTAIT TRESSÉ un masque de fougères qui, le matin même, était encore vert. À présent il était devenu sec et cassant, pauvre armure désormais incapable de le cacher. Les oiseaux plongeaient comme des poignards dans la succion des vagues. Il se rappelait l’accélération de la chute, l’écriture de l’eau autour de son corps. Ainsi était-il resté des heures étendu. Était-il vrai que l’île se fût formée de la sorte, il ne pouvait le dire. Il se rappelait seulement la lenteur après la chute, l’acquittement de la violence qui l’avait libéré, l’étreinte de la mer.

Cees Nooteboom, Autoportrait d’un autre, Traduit du néerlandais par Philippe Noble, Actes Sud, 1994.