Jean Malrieu, libre comme une maison en flammes

Auteur : Jean Malrieu

Oeuvre poétique 1935-1976

Le poète de Montauban disparu en 1976 chante l’amour, la fraternité et la nature. Il est mort à Penne-deTarn « Mon pays préféré est cette gorge de montagne ». Son lyrisme d’amour, lui-même, s’épanouit en un accord cosmique. Comme chez les troubadours, son rapport à l’aimée est de respect et de fidélité ; la femme désirée figure la terre nourricière, tandis qu’un être neuf va naître du couple accompli. Prose poétique, vers libre ou verset se partagent son œuvre. Parfois le verset se fait un peu solennel, comme à l’évocation des Parfaits de Montségur (Le Château cathare, 1972). Instituteur à Marseille où il collabora aux Cahiers du Sud et fonda la revue Sud, après avoir créé la revue Action poétique, il se gardait du factice et des arrogances intellectuelles. Il y avait en lui de la naïveté, une bonté indéracinable. Pour Malrieu, "les choses simples" étaient "heureuses".

"La poésie comme science exige un langage de rigueur : tout est austère dans l’amour, il mesure l’homme et les choses. Le poète n’a pas à reprendre la création qui l’entoure, mais dans l’oeuvre de libération que lui demande la connaissance, dans les lignes de force réduites à l’essentiel et qui traversent le poème, ce ne sont jamais les objets qui demeurent prisonniers, mais une nature plus vraie, plus accessible qui, ayant été réchauffée dans le sang de l’homme, doit, pour exister, connaître l’amour."

Paru le 2 décembre 2004

Éditeur : Le Cherche-Midi

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Le désert vivant

Au cœur du rien tout est floraison. La vie est un tout dans le tout, à prendre ou à laisser. Si je ne veux prendre que ce qui m’arrange, je perds tout.

Lorand Gaspar, Le désert vivant, Éditions Le temps qu’il fait, 2004.