Journal de la lumière & journal de l’ombre

Auteur : Charles Dobzynski

<i>Journal de la lumière & journal de l'ombre</i>

Préface de Bernard Noël
Peinture de Marc Feld

« On croit s’avancer dans l’évidence et on se retrouve dans l’inconnu », écrit Bernard Noël dans sa préface à Journal de la lumière & journal de l’ombre. Cette phrase est certainement la clé d’un livre qui s’emploie à déjouer la logique des lumières et des ombres, qui sont nos doubles, nos complices ou nos impostures. Le sentier emprunté est celui d’une forme à deux modules : de brefs tercets y alternent avec des proses, le tout entrecoupé de fables, de chansons qui s’accordent différemment au fil conducteur et constituent ainsi des incursions dans l’absurde. Pourquoi un journal ? C’est que la lumière n’est pas un élément immatériel : elle a la langue bien pendue, comme Schéhérazade, et ne cesse de raconter son mode de vie et ses tribulations. Le poète en fait l’inventaire. Comme il procède à celui de l’ombre haut parlante qui exerce un dur métier : être et ne pas être. Ce qui circule entre ces deux faces, l’utopie, l’entropie, et leurs incessantes mutations, c’est le flux à vif de l’humour. Il déplace les notions communes en y provoquant des télescopages qui font chavirer l’ordre du visible. Dans l’oeuvre du poète Charles Dobzynski s’inscrit ici un embranchement inattendu de son « arbre d’identité », « jamais cet abîme au-dessous des ailes qu’on s’invente ».

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.