Jusqu Au Silence

Nicholas-Don Giancarli

Jusqu Au Silence

Jusqu’au silence est l’histoire d’une naissance au monde, d’une forme qui émane d’un monde en décomposition, qui avance, qui se construit au contact des sens, du corps et de l’Autre.
C’est l’histoire d’une conscience pleine peau, qui rencontre le monde sans filtre, un monde tissé à la fois par la violence et la pourriture, mais aussi par des couleurs et des sons, des gestes et des regards en recherche de quelque chose qui transcende et transforme.

On suit cet "enfant noir" dans sa recherche d’individualité, dans ce voyage initiatique dans le bruit et la fureur de l’existence pour enfin trouver, dans le silence, une nouvelle forme de soi, présente et affirmée au monde.

Nous sommes dans ce poème constamment dans le mouvement, dans la danse, et les mots sont une matière toujours réinventée.
La poésie de Don est une poésie-image, puissance d’évocation d’un Réel unique et sensible.

Extrait

Le bleu sous le calque peau bleue
c’est celui des coups reçus
c’est la fumée des villes
leurs cheminées qui rassemblent en elles-mêmes
en regardant à travers la fenêtre
le monde se détruire

en tailleur de soi.

Braises
Sac plastique
Nœud - en papillons
Larves
Partout
Dedans
Jardin tombeau
Sa marche commence
Sur ses pattes en bois
Jusqu’à la disparition de toute lueur

Nicholas-Don Giancarli est tatoueur (Maison Métamose) et poète. Il se définit comme un « conteur d’histoires sur peau ». Ses poèmes s’emparent des bras, des épaules, des dos et des jambes de ses clients pour dessiner les contours d’un univers singulier et captivant. Chaque pièce est unique et n’est tatouée qu’une seule et unique fois.
Jusqu’au silence est son premier livre.

Texte de l’éditeur.

Paru le 1er mars 2019

Éditeur : Aencrages&Co

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.