Kaïa

de Chan Dargery

Kaïa

Mon prénom est une île solitaire.
Avec cette petite
fleur blanche nichée dans ma longue chevelure noire.
Mes pieds nus dans le sable humide.
Un rêve immuable.
L’océan l’homme de ma vie.
De l’eau jusqu’à la nuque.
Et bientôt je ne suis plus qu’une ombre perdue dans l’écume du
crépuscule

Paru le 1er février 2017

Éditeur : La Crypte

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.