L’Enterrement à Sabres

Auteur : Bernard Manciet

<i>L'Enterrement à Sabres</i>

Édition bilingue (occitan-français)
Préface de Jacques Roubaud

Un grand poète de langue d’oc, qui revendique sa sonorité gasconne, fait son entrée en Poésie/Gallimard. Nul doute que Bernard Manciet aurait considéré cette publication comme une effraction salutaire et joyeuse.
L’Enterrement à Sabres n’est pas seulement un témoignage. C’est une preuve de la langue gasconne. Il en met en évidence tous les caractères : sa phonétique et sa syntaxe, bien sûr. Mais, plus profondément, tous les registres de la langue sont convoqués : le sublime et le dérisoire, la ratiocination abstraite comme le concret le plus terre à terre, l’archaïsme autant que l’extrême contemporain. Il ne se contente jamais d’un vague lyrisme empesé. Et sa langue n’est pas une langue du passé. Elle doit pouvoir parler de tout ce qui est, est aujourd’hui. Elle montre qu’elle le peut. Dès le commencement de la lecture on sait qu’on a affaire à une œuvre majeure. On sait que Manciet le sait. Il s’est lancé dans la composition avec orgueil, sans hésitation mais sans ostentation. Et il a tenu son pari.

Paru le 1er septembre 2010

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.