L’Étoile et le nénuphar et autres contes de Philippe et Ré Soupault

L'Étoile et le nénuphar et autres contes de Philippe et Ré Soupault

Collection « Seghers Jeunesse »
Seghers
Postface de Michaël Batalla

Cet ouvrage, destiné aux enfants de cycle 3 et de sixième, rassemble cinq contes issus de pays différents : « L’Étoile et le Nénuphar » (Indiens d’Amérique) ; « Le Loup blanc » (France) ; « Tom le poète » (Écosse) ; « La Science de la vie » (Irak) et « La Jeune Fille silencieuse » (Espagne).
Extraites d’un ouvrage de Ré et Philippe Soupault publié aux Éditions Seghers en 1975, ces « Histoires merveilleuses des cinq continents », ont été recueillies et adaptées par le poète surréaliste et son épouse. De cultures différentes, ils possèdent néanmoins une thématique commune, fortement liée au monde de l’enfance : celle du secret et de la parole.
Si le premier conte émane d’une civilisation réduite au silence, les suivants nous invitent à réfléchir à l’usage de la parole : quand faut-il parler ? comment faire pour tenir sa langue ? que signifie le fait de donner sa parole à quelqu’un ? À travers ces histoires, nous comprenons aussi que la seule langue universelle jamais élaborée par l’espèce humaine est celle du conte, « identique pour toutes les civilisations et pour toutes les époques ».
Destinés à tous les enfants curieux de rêves et de voyages, ces contes représentent la meilleure méthode pour abolir les préjugés et les racismes.

Paru le 1er octobre 2005

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Lettres à Sophie Volland

10 juillet 1759,

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ?

Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

Denis Diderot, Lettres à Sophie Volland.