L’Herne

Depuis plus de soixante ans de navigation inspirée L’Herne continue à intriguer en éditant les grandes monographies critiques qui ouvrent un éventail bigarré d’auteurs souvent à contre-courant des idées à la mode. Au fil des ans, de nouvelles collections sont apparues, différentes dans leur forme et dans leurs thèmes, mais tout en gardant le même esprit de liberté. Plus de quatre mille collaborateurs, écrivains, universitaires et traducteurs du monde entier ont contribué aux Cahiers de L’Herne, créant ainsi, loin des sentiers battus, une institution sans doute unique en son genre.

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2, rue de Bassano

75016

Paris

L'amour des fantômes

18 septembre 2019

L’amour des fantômes

Parlant de sa ville natale, Christian Bobin fait exploser toutes les notions tristes d’appartenance, de racines, voire d’identité. Il dessine ses rues, ses maisons préférées, le ciel qui roule au-dessus et contracte le tout dans le dessin d’une feuille d’automne, ou la minuscule cathédrale d’un flocon de neige. Celui qui était réputé immobile, plus sédentaire qu’un arbre, se révèle en vérité habitant de tous les mondes, vagabond de tous les ciels.
Les nuages traînent au-dessus des toits orangés de (…)

Cahier Christian Bobin

18 septembre 2019

Cahier Christian Bobin

Cahier dirigé par Claire Tiévant et Lydie Dattas.
Ce Cahier est l’exploration de ce que Christian Bobin appela dès ses vingt ans Les différentes régions du ciel, et qui n’est autre qu’une sorte de chemin buissonnier contournant les croyances et les incroyances du monde. Les nombreux textes de Christian Bobin réunis dans ce volume démontrent la puissance de son écriture lumineuse qui ne cesse de conquérir un public fervent, et touche comme seule touche l’écriture des poètes.
Écrivains (Sylvie Germain, (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.