L’âge de verre

Auteur : Cole Swensen

<i>L'âge de verre</i>

Deuxième livre de l’auteur à paraître chez Corti - après Si Riche Heure en 2007 -, L’Âge de Verre retrouve le rythme de vers coupé qui est sa signature mais en alternance cette fois avec de brefs blocs de prose. L’auteur parcourt ainsi à sa façon l’histoire du verre et donc, surtout, celle de la fenêtre : tant l’invention de l’objet et ses conséquences sur le regard que nous portons sur le monde, que la représentation qui en est faite depuis la Renaissance. La peinture s’étant emparée de la fenêtre pour en faire son deus ex machina : la source de toute mise en scène, cadrage et perspective.

Raison pour laquelle cette histoire s’entretisse avec celle de Bonnard – le peintre des fenêtres s’il en est – poursuivant en sa compagnie, de vitre en reflet et réciproquement, une réflexion sur la réflexion. Poème de la traversée de la transparence et de ce qui la procure, ce livre noue et dénoue ce qu’il en est de la vue et de la vision, de l’intensification des diverses modalités du voir.

Traduit par Maïtreyi et Nicolas Pesquès

Paru le 1er novembre 2010

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.