L’air au petit chevalier Les évasions sempiternelles d’Hubert Fréalle

L'air au petit chevalier Les évasions sempiternelles d'Hubert Fréalle

L’extrait
Résignation

Mon cœur brûle, brûle, brûle
et se consume
Toutes les photos rangées au fond du placard
brûlent, brûlent, brûlent
Toutes les lettres tapissant les bords de ma mémoire
sont consumées, consumées, consumées
Le téléphone veille dans un silence morbide
On a emmené le vieux piano désaccordé
Il finira dans un champ, dans la boue d’un orage
Le long d’un cierge se déroule l’instant de toute une vie
un ciret et une boîte d’allumettes
Prendre garde aux fruits moisis
Et rendre à Dieu l’incertitude et la peine
Laisser au Diable les verres pleins et les filles faciles
Attendre
au bord de n’importe quelle rivière
la moindre éclaircie
Capturer l’étoile
Etre au centre et mener la danse
Souple et solide
Comme un hochement de tête décidé.

Paru le 1er janvier 2012

Éditeur : L’échappée belle

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.