L’air libre

Auteur : Albane Gellé

L'air libre

Réédition du recueil paru précédemment en 2006 dans la collection "Le Dé bleu" des éditions de L’Idée bleue.

« Dans sa première publication en 1993, Albane Gellé écrivait qu’un homme lui avait "arraché la langue". Depuis, elle cherche, poète, à se donner une langue neuve, sa langue.
"Je me tais", répète-t-elle (dix fois dans "L’Air libre"), en précisant, à chaque fois, pourquoi : parce que quand j’étais petite, un homme à côté de moi parlait parlait il me donnait envie de vomir ; parce que tout près ça parle bien je ne vois pas ce que je pourrais ajouter ; parce que quelqu’un parle fort il n’y a plus de place ; par hasard ; par habitude ; et croyez-moi c’est mieux comme ça ; parce que je suis fatiguée ; par provocation (pas souvent) ; comme ça pour rien ; et alors. Jusqu’à la dernière page, porte qui claque sur un "Je ne me tais pas". Prise de parole (poème) intransitive.
On quitte ce livre un peu comme on sort de "Parle avec elle", le dernier film d’Almodovar : avec une sorte d’anxiété éblouie, de contrariété désirante qui ramène à la surface. Mène à l’air libre, quasi malgré soi. »
Quatrième de couverture de l’édition précédente

« pouvoir être tout à tout souriante en larmes débordée bouleversée en miettes amoureuse casse-cou silencieuse terrifiée fatiguée en colère »

Paru le 1er juin 2014

Éditeur : Eclats d’encre

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Cécile Coulon

Courir

La course, la vraie, est une fureur carnivore. Un astre brûlant caché dans les jointures du corps ; elles grincent, la nuit, comme un miracle froissé. Une force qui rugit, à laquelle nous sommes forcés de croire puisque qu’il n’y a qu’elle qui puisse suspendre aux crochets des montagnes des femmes et des hommes emplis de cette beauté brutale qui ne supporte ni la lenteur, ni les cris, ni ces bouquets d’amnésie qu’on s’offre pour éviter d’avoir mal. »

Cécile Coulon extrait de « Courir », Les ronces, Éditions Le Castor Astral, 2018