L’amant mondial

de Juan Gelman

L'amant mondial

Ce qui fait crier les poèmes de Juan Gelman, c’est la douceur des mots contre la cruauté. Des mots doux.Ou comme le dit Julio Cortázar :« Peut-être le plus admirable de la poésie de Gelman est-il cette presque inconcevable tendresse là où serait beaucoup plus justifié le paroxysme du refus et de la dénonciation. » Fureur donc et refus de fureur. C’est là, dans le paradoxe pluriel, qu’intervient le poème, seul à être capable de dire l’indicible.

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Caractères

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.