L’amant mondial

de Juan Gelman

L'amant mondial

Ce qui fait crier les poèmes de Juan Gelman, c’est la douceur des mots contre la cruauté. Des mots doux.Ou comme le dit Julio Cortázar :« Peut-être le plus admirable de la poésie de Gelman est-il cette presque inconcevable tendresse là où serait beaucoup plus justifié le paroxysme du refus et de la dénonciation. » Fureur donc et refus de fureur. C’est là, dans le paradoxe pluriel, qu’intervient le poème, seul à être capable de dire l’indicible.

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : Caractères

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.