L’arachnoïde

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Saint-Gély-du-Fesc

La pluie enrichie de Thomas Chapelon

1er février 2013

La pluie enrichie de Thomas Chapelon

Les arbres commencent à bouger
Délicatement minutieusement
C’est la fin de l’après-midi
Des chats immenses
Les petits mouvements du sommeil endolori.

Les yeux paralysés de Christian Dufourquet

1er février 2013

Les yeux paralysés de Christian Dufourquet

Tant d’amis s’en sont allés
Dans la nuit tant d’oiseaux
Qui laissent pendre leur chant
Comme une rame
Sur le sillage
En l’air de leur présence
Evanouie
Comme un dernier souffle d’espace
Qui nous lie
A la buée d’un quai fantôme
Où neigent
Des papillons de nuit
Si nombreux ce soir à voleter
Autour de mon coeur
Qui pèse
A mi-hauteur d’un ciel
D’étoiles anéanties

La nuit refermée de Nicolas Jaen

1er février 2013

La nuit refermée de Nicolas Jaen

Ses dents vont jusqu’au bout de la gamelle,
Des raisons bleus qu’enfant il suçait. Les mêmes.
Ceux de la vigne renversée de naître.
Il dit : les moines disent : tomber en Dieu,
Comme on va chercher l’ivresse au fond du verre.
Comme. Dieu n’a ni fond ni murs.
Quand il se repose, un jour par semaine,
Il dort en chien. Le monde bouge dans son sommeil.

Le plus doux poignard

1er juin 2012

Le plus doux poignard

Préface de Mathieu Bénézet
Frontispice de Jean-Paul Héraud
"Ne rêve pas car ton rêve est petit, il ne deviendra jamais deux ailes qui t’enlèveront d’ici.
Il n’y a d’ailes nulle part ni d’air ni d’ailleurs.
Même autre chose serait dérision comme de passer du pain au fruit qui ne change pas ta bouche vorace vers le ventre.
Même changer ta bouche te serait dérisoire.
Même changer ton âme.
Même tomber en Dieu, même si Dieu soudain se mettait à luire d’éveil et d’orage.
Même si Dieu devenait (…)

A coup sûr ce sont des vagues de Thierry David

1er juin 2012

A coup sûr ce sont des vagues de Thierry David

"L’air étouffant la brûlure le sable la peur au ventre où suis-je ?
il ne peut y avoir de mémoire là où je suis
le cerlce au centre la tâche de lumière naissance du monde à chaque instant
pas d’origine…"

Il vient d'un enfant dans un autre livre

1er octobre 2010

Il vient d’un enfant dans un autre livre

"Derrière un verre grossier
Dépoli
Des reliefs de pâte
A modeler cette folie
De tête"

Le cours de la liberté

1er juin 2010

Le cours de la liberté

Durant les années 1946-1947, Stanislas Rodanski habitait à Lyon, sur la colline de la Croix-Rousse, dans l’atelier de la rue des Gloriettes où il a probablement écrit Le cours de la liberté, jusqu’ici resté inédit, qui nous entraîne dans une visite surréaliste de la ville, et bien au-delà…

Je la nuit de Christian Dufourquet

1er juin 2009

Je la nuit de Christian Dufourquet

"Rocher
blanc de lèpre
irréel
Crêpé au centre
d’une paresse
d’eaux saturées
Suppure
pierre lente
petit crâne
tendu du miroir
troué d’ombres
engluées
En suspens
plus bas que chair
sombré".

Narcose de Marie-Françoise Prager

1er mars 2009

Narcose de Marie-Françoise Prager

Préface de Christian Dufourquet
Frontispice de Ada
"Atone qui me hante
où était le plaisir
du ferment bleuté
rouge pause,
rose altière et scabreuse
et au rire feutré
jaune rente simulée,
violette et amante paresseuse
qu’en descente anxieuse
et de cire ma main
prenait au bouquet
presque frais encore
aux regrets sans retour
flagrant à la tombe récente
que j’ai retrouvée en errant
le long dy nonchalant
et tiède immobile
au velouté et au refus
du moisi qui respire à peine
d’une (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.