L’arche inuit

Auteur : Denis Ferdinande

L'arche inuit

Extraits :

[24/07/2017] Et l’heure morne de s’étendre, la chambre, que je puis fuir, et fuir à tout instant, d’un unique appel du dehors, ce serait : l’urgence des bains, car quoi d’autre, survenant à l’esprit, en vérité ?

[02/08/2017] N’y être, mais pas du tout, où cela ? Dans le fluide, et mon double de devenir qui je suis, m’écartant de la table y prenant place : dira je pour moi, dans un instant — alors je cesse d’être (tenez, il aura semblé ne rien se passer et pourtant, tel chambardement sidéral avec la substitution d’univers).

[05/08/2017] Quel jour est-ce, et de quelle année, ne plus s’y retrouver dans le chiffrage, s’il importe seulement, j’allais écrire, ayant en tête plus d’une phrase, remontant à la circulation nocturne, l’on se figure bien des heures d’inaction, alors qu’elles sont celles mêmes d’une gestation où des phrases se corrigent, eu égard à la donne initiale, que produit plus que la seule conscience, le rêve intervient et ses inscriptions une fois encore, qu’il me faut traduire, je m’y efforce, mais oublions cela te dis-je, l’heure est à l’excursion traversée de la cité,(…)

Paru le 12 octobre 2022

Éditeur : Atelier de l’agneau

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.