L’effarant intérieur des ombres

Auteur : Alain Duault

L'effarant intérieur des ombres

« Tempêtes tempêtes et puis des cris l’arc des cris les plus
Rauques les plus cris les plus tempêtes et creux de pluie
Et le jasmin les acacias tout ça les éclairs et l’éclat le cra
Quement des roses comment est-il possible que notre vie
Passe comme ça et le claquement des fouets sur les murs
Tout ce qui fait mal aux cheveux comment est-ce dicible
À quel vent quelles heures voraces à quels vœux se jouer
Les loups sont dans nos bras et leurs regards vrillés verts
Nous flashent soufflent nous poussent dans leurs fleuves
À qui donner ces mots âcres la tête éclaboussée d’ombre
Les danseurs nous emportent au pire et n’écoutent l’aveu
Froissé des membres obscurs que dans la perte Quel sens
Accorder à la clarté confuse aux doigts délicats du jour si
Toutes les taches du ciel sont tombées Comment regarder
Le ciel nettoyé jusqu’à l’os par la tempête avec qui danser »

Paru le 13 mars 2008

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.