L’effarant intérieur des ombres

Auteur : Alain Duault

L'effarant intérieur des ombres

« Tempêtes tempêtes et puis des cris l’arc des cris les plus
Rauques les plus cris les plus tempêtes et creux de pluie
Et le jasmin les acacias tout ça les éclairs et l’éclat le cra
Quement des roses comment est-il possible que notre vie
Passe comme ça et le claquement des fouets sur les murs
Tout ce qui fait mal aux cheveux comment est-ce dicible
À quel vent quelles heures voraces à quels vœux se jouer
Les loups sont dans nos bras et leurs regards vrillés verts
Nous flashent soufflent nous poussent dans leurs fleuves
À qui donner ces mots âcres la tête éclaboussée d’ombre
Les danseurs nous emportent au pire et n’écoutent l’aveu
Froissé des membres obscurs que dans la perte Quel sens
Accorder à la clarté confuse aux doigts délicats du jour si
Toutes les taches du ciel sont tombées Comment regarder
Le ciel nettoyé jusqu’à l’os par la tempête avec qui danser »

Paru le 13 mars 2008

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jean Paul Guibbert

La Chair du monde

LE POÈME EST UN TISSU DE BRUMES
à l’envers du renoncement.
Nous nous éloignons, puis la forme
nous rejoint ou s’efforce de nous reprendre.
Alors nous savons
que nous ne sommes pas abandonnés
et que le temps égale si peu la durée
qu’il en sera ainsi
jusqu’au dernier jardin possible.

Un arbre nu dans la lumière,
un champ ouvert,
nous prient de demeurer
pour ce qui venant de plus loin que l’aube
depuis l’aube vient au-devant de nous.

Jean Paul Guibbert, La Chair du monde, Éditions Phébus, 2005.