L’énergie vagabonde

Quand un cheval de Troie entre dans une ville, porteur d’un virus qui affole les esprits et paralyse les corps, on a intérêt à emprunter les seules portes encore ouvertes : celles de la poésie.

Sylvain Tesson, L’énergie vagabonde, Robert Laffont, 2020.

Poème
de l’instant

À la verticale

Quand même le ciel serait lacéré
par nos ombres meurtrières,

recousons-le avec les fils ténus,
et même usés, de nos poèmes

à la verticale de l’hiver comme de l’été
traversés de vents contraires,

gonflés d’une irréductible confiance
en l’impossible advenue.

Réginald Gaillard, Hospitalité des gouffres, « À la verticale », Éditions Ad Solem, 2020.