L’enfer de Dante, traduit William Cliff

L'enfer de Dante, traduit William Cliff

Édition bilingue
Traduit de l’italien par William Cliff
En entreprenant une nouvelle traduction de L’Enfer de Dante, William Cliff s’est lancé un défi : celui d’en rendre exactement la forme originelle tout en lui donnant autant de fluidité que possible. Sur la forme, il a respecté le décasyllabe, afin de rendre au plus près la musique du poème. Sur le fond, il n’a pas hésité à supprimer des noms et des références qu’il jugeait inutiles ou fastidieux. Comme il l’explique dans un bref préambule, ce double parti-pris n’a qu’un seul but : « offrir un vrai poème dont la marche n’est en rien entravée ». Loin de trahir le poète florentin, le poète belge l’accompagne. La richesse de sa traduction tient à cela : il se glisse sur ses pas, telle une ombre, dans les cercles infernaux. Une démarche singulière, mais tout à fait légitime. Cliff, comme Dante, est un poète en marche et de L’Enfer au Paradis, la
Divine Comédie n’est qu’un voyage.

Paru le 1er février 2014

Éditeur : La table ronde

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.