L’espoir ?

Alain Lance

Il est encore plus las quand vient l’heure d’été
Il nous quitte la nuit pour des malheurs lointains
Il nous fait marcher sur la lune
Ou sur la tête
Parfois son drapeau claque au-dessus des massacres
Il est portable biodégradable aisément recyclable
Souvent l’un de ses fragments
Datant de la dernière révolution
Explose au visage de celui qui le déterre
On l’administre dans les cliniques
On le crache au distributeur automatique
Il se colle au corps nu des géantes
Affichées dans nos labyrinthes
Clown publicitaire obscène
Actionnaire ventriloque
Exterminateur rasé de frais
Ce n’est qu’un paquet sanglant

L’air va lui manquer
Et l’eau, terriblement
Mais il a toujours du temps à revendre.

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.