L’étonnement

Sylvie Fabre G

Ce signe clair qui nous fait aimer
un matin plus que la vie la vivante
petite fille, ce glissement du corps vers le cœur
en route vers nous
elle bouge, preuves inachevées
l’espace d’un éclair où sur image d’octobre
elle ne fait que passer
confiant l’énigme bouleversante du sexe
et s’étirant plus loin
dans l’étonnement de ses gestes
et des mots
ceux qui seront la mère et le père
délivrés de leurs rêves la suivent
fraîches brisées
d’un petit garçon à une petite fille
là voilà incarnée, yin
l’origine
il faut basculer jusqu’à
celle qui a retourné la rosée de vie
en visage.

Poème
de l’instant

"Écrit en 1846", Les Contemplations

Vous dites : Où vas-tu ?
Je l’ignore ; et j’y vais.
Quand le chemin est droit,
jamais il n’est mauvais.
J’ai devant moi le jour
et j’ai la nuit derrière ;
Et cela me suffit ; je brise la barrière.

Les Contemplations